Comme les plus grands, le style d’Olivier Tallec est immédiatement identifiable car il est tenu avant tout par son dessin. Et quel dessin ! Olivier a su trouver très vite son trait, sa manière de représenter le monde. Ses personnages sont souvent fragiles, attachants, élégants dans leur forme graphique, et surtout vivants. Ses paysages sont à la fois simples et en même temps emplis d’une multitude de détails parfaitement ajustés sous de faux airs de facilité. Toute la force de cet illustrateur est là, dans la composition de ses images, la structure impeccable de son dessin. C’est ainsi qu’il raconte, qu’il partage ce que le texte lui évoque. Il dessine l’absolu nécessaire et s’en tient là. Ensuite, il ne reste qu’à peindre, poser les couleurs resserrées de sa palette acrylique. Olivier aime par-dessus tout le rouge. Un rouge vermillon, profond, qui peut lui servir parfois de sous-couche ou bien souvent s’imposer comme point d’appui de lecture dans ses illustrations. La pâte de ses peintures se lit sous les coups de pinceau, son trait de crayon est là, juste en dessous, à fleur… Olivier ne cherche pas la perfection de l’image bien terminée, bien faite. Il sait arrêter son geste exactement là où l’image sera la plus forte, même s’il reste un quart du dessin non colorié. C’est ce que d’aucuns pourraient appeler la maturité artistique, et que d’autres nommeraient une grande intelligence narrative. Car s’il n’écrit pas, Olivier n’en est pas moins auteur.