dépliez Martin peint. Il utilise des acryliques et des pinceaux. Il peint en petit sur du papier, en grand sur des toiles, il découpe, il colle, il trace, il récupère, il assemble... souvent sur la palette ayant servi pour réaliser son image précédente. Il recouvre de pâte son support avec brutalité, laissant apparaître par endroits les couleurs chaotiques de la palette-sous-couche. Puis il pose délicatement son sujet dans le format de la page, le met en place, seul et centré ou bien en morceaux éclatés, éparpillés. Martin semble se laisser porter et pourtant il compose ses images comme une musique dont la partition doit toujours être impeccable. Son exigence vis-à-vis de lui-même est totale. L’image prendra le temps qu’il faut pour être propre à ses yeux. Il faut regarder ses peintures sans chercher forcément à comprendre, sans chercher forcément à lire. Car Martin Jarrie ne raconte pas, il propose. Il a été marqué par les peintres Giotto, Chirico, Arroyo ou Zakanitch. À son tour, il a su élaborer au fil du temps un vocabulaire graphique singulier, unique en son genre. Il a ainsi mis en place un univers onirique, étrange, parfois inquiétant, en prise directe avec ses états d’âme. Le sujet importe peu dans le fond car l’important est de le traduire et surtout de le peindre. Martin Jarrie est un terrien, il est originaire de la campagne et comme le jardinier, il sait cultiver son potager, s’appuie sur les semences précédentes, trouve de nouvelles pousses, de nouvelles saveurs... et comme par hasard, il aime peindre les fruits et les légumes ! Il développe des codes, des écritures et une symbolique qu’il n’a de cesse d’enrichir. Le chemin de Martin Jarrie est fait de patience, nourri par la vie, comme celui d’un véritable peintre.