Artistiquement Jean-François Martin a développé au fil du temps un style d’une grande pureté. Un dessin alliant élégance, citations aux années 1920, aux Dada, mélange de traits, de collage, de peinture et d’informatique. Ses images sont toujours dotées d’une force évocatrice, d’une belle intelligence teintée d’un humour subtil. Ses compositions d’images sont exemplaires. Christophe Merlin, lui, est sans doute plus potache. Il aime dessiner avec fougue, impulsion et énergie. Il a développé une palette de couleurs avec laquelle il peint sur son trait de crayon. Il utilise souvent un bleu ciel qui lui est devenu propre, une couleur qui pourrait presque porter son nom. Il lui arrive de coller aussi des photos recomposées comme dans ses magistraux carnets de voyages. Le goût des voyages que ces deux amis-là partagent chacun à leur manière. Jean-François, de manière plus immobile, rêvant et nous faisant rêver par effet ricochet à d’improbables Afriques tandis que Christophe aime partir, s’installer un temps ailleurs, s’imprégner, se nourrir pour finalement nous restituer ses émotions au travers de ses croquis. Si Jean-François semble aimer la quiétude, Christophe aurait bien voulu devenir pilote automobile. Mais à y regarder de plus près, les images de Jean-François Martin ne sont pas aussi sages que ça et celles de Christophe Merlin pas aussi folles qu’on pourrait le croire. Tous deux manient l’élégance, une forme de chic à la limite du rétro, se retrouvent sur les mêmes influences et semblent rire des mêmes choses. Et nous autres avons la chance de pouvoir les suivre avec bonheur de livre en livre pour sans doute encore longtemps…