L'ABéCéDaire - Editions L'Édune


QuelQUes PAges

G comme Richard Guérineau G comme Richard Guérineau G comme Richard Guérineau

Caractéristiques techniques :

- Album G :48 pages
- ISBN N° : 978-2-35319-018-8
- Format : 16 X 16 cm
- Prix : 9,90 €
- Date de parution : Mars 2008

G

RICHARD GUÉRINEAU : AU-DELÀ DU RÉALISME

Richard Guérineau est une référence du monde de la bande dessinée. Il est l’un des rares grands dessinateurs « réalistes ». Il a dessiné 11 tomes du « Chant des Stryges », l’une des séries phares des éditions Delcourt. Il a fait une école de dessin à Nantes, est passé par la « fac » d’Arts plastiques de Bordeaux avant de rencontrer Éric Corbeyran avec qui il collabore depuis plus de 10 ans. Il a ainsi concrétisé un rêve d’enfance, époque où il recopiait les personnages de ses BD préférées (Tintin, Lucky Luke, puis Cartland, Blueberry...).

Autant Richard est connu et reconnu en BD, autant il ne l’est pas du tout en illustration. Pourtant il s’y prête volontiers pour nombre d’ex-libris, port-folios et autres couvertures de romans. Avec sa participation à l’ABÉCADAIRE, Richard nous ouvre le champ de son talent d’illustrateur.

Le parti pris graphique de Richard Guérineau sur son imagier est faussement classique. Il a choisi deux techniques qu’il confronte : la photographie et le dessin numérique. Il sélectionne des mots qui font sens en vis-à-vis, soit graphiquement, soit par leur sonorité ou leur évocation. Il explore ainsi ses souvenirs et les petites choses de sa vie. Que ce soit par la photo ou le dessin, Richard sait varier son vocabulaire pour coller en profondeur avec son sujet. Il n’hésite pas à s’appuyer sur son environnement familial, fait poser sa petite fille de 3 ans pour mieux renvoyer à l’enfance. Il construit un théâtre de marionnettes en carton peint pour évoquer guignol et le gendarme, pose sur son frigo les lettres qui composeront son index et son alphabet, la guitare est un jouet, il photographie son évier, ses gobelets...

dépliez

Richard trie avec intelligence ce qui se révèle de manière plus pertinente par la photo et ce qui doit être dessiné. Ainsi la girafe est bien plus rare dessinée qu’elle ne l’aurait été en photo, de même la sinistre évocation de la guillotine, ou le portrait du général De Gaulle.

La photo renvoie plus directement à la réalité, aux choses que chaque lecteur peut identifier depuis sa propre existence, alors que le dessin impose davantage le parti pris, la prise de position. La photo génère de la poésie, de la légèreté et du joli. Le dessin amortit le choc des sujets plus brutaux, plus communs ou plus austères. Les choix de Richard en ce sens sont pertinents et directs. Il ne tourne pas autour du pot et représente frontalement par l’image le mot qu’il a choisi. Ses compositions ne laissent rien au hasard, sans doute son habitude narrative d’auteur de BD. Graphiquement, l’ambiance générale des illustrations de son imagier est résolument moderne, synthétique, les couleurs sont franches, sans nuances. Richard Guérineau place la subtilité en soutien, en amont de la forme qui sert son efficacité narrative. Avec ce tout premier exercice d’illustration jeunesse, Richard prouve qu’il sait bel et bien raconter par l’image.